Le radon, un risque méconnu.

Pour ce qui est du radon, c’est un produit gazeux de désintégration de
l’uranium et du thorium. Il fait partie d’une chaîne de désintégration
radioactive conduisant au plomb. Son activité ionisante se mesure en becquerels (Bq) et sa concentration en Bq/m3.
Depuis 1987, le radon est classé comme cancérigène certain par l’Organisation mondiale de la santé (OMS)

Il existe deux toxicités :

  • la radioactivité directe et dérivée qui est reconnue comme
    cancérigène. C’est un problème de santé publique car on le considère en
    France comme la 2de cause externe de cancer du poumon. Le danger d’une
    exposition est de type cumulatif et pas occasionnel.
  • la toxicité du produit final plomb. Ça reste marginal car les
    quantités absolues restent très faibles. Les mesures de protection
    contre ce métal ne concernent pas la présence de radon et je ne connais
    pas de cas de saturnisme attribué au radon.

La demi-vie (temps de désintégration de 50 % d’une quantité donnée de
radon) est de 3.8 jours. Il n’y a pas d’accumulation à la manière du CO2
mais formation d’un équilibre dynamique entre le gaz produit dans la
roche encaissante et celui qui se désintègre dans l’atmosphère. En
fonction des roches présentes et des courants d’air (accumulation par
balayage), il arrive que les teneurs en Rn222 dépassent les maxima
autorisés pour les lieux de travail. Ça ne pose pas de problème pour les
visiteurs occasionnels mais concerne les guides de cavités aménagées (la
Cocalière, Foissac, Trabuc…) et théoriquement aussi, du moins pour le
moment, les encadrants pros.

Chez nous, les principales roches émanant du Rn sont celles du socle
hercynien : micaschistes, gneiss et granites ainsi que des roches
sédimentaires de milieu réducteur où l’uranium est insoluble : grès,
schistes et calcaires plus ou moins marneux contenant de la matière
organique (lignite, houille, asphalte…) et phosphates.

Pour la spéléo en grottes, les deux types principaux sont :

  • calcaires marneux ou dolomitiques gris : Sinémurien ou Jurassique
    supérieur. Les calcaires blancs ou dorés comme l’urgonien en
    contiennent beaucoup moins.
  • les alluvions provenant de la chaîne cévenole (micaschistes ou
    granites), qu’ils soient frais (sables, limons) comme au Barrage ou
    transformés en argile comme à Orgnac.

Michel Wienin 2026